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La boîte et les dispositifs
La photographie c'est travailler sur la « trace » : par la photographie on peut explorer la question du temps ; du mouvement incessant, de la présence et de l'absence. Elle est pour moi surtout le lieu où tous les contraires peuvent coexister et elle nous permet d'explorer la variabilité. Par-dessus tout elle nous permet des moments de basculement entre singularité et universalité. ...
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La photographie c'est travailler sur la « trace » : par la photographie on peut explorer la question du temps ; du mouvement incessant, de la présence et de l'absence. Elle est pour moi surtout le lieu où tous les contraires peuvent coexister et elle nous permet d'explorer la variabilité. Par-dessus tout elle nous permet des moments de basculement entre singularité et universalité.

métier : Photographe public

La photographie, si elle rentre dans le cadre de la création artistique, est une activité le plus souvent « solitaire ». Mais en réalité, son rôle dans nos vies devient celui d'un miroir mémento, apte à capter tout moment de notre vie avant même qu'il soit entièrement vécu. Paradoxalement, la photographie comme moyen de produire une visibilité accrue nous empêche de voir pleinement et nous rend invisibles.

Depuis plusieurs années je conçois des dispositifs photographiques ou des installations « à vivre ». Convaincue du rôle ancestral de l'art dans la vie sociale, je monte régulièrement des projets où l'individuel et le collectif s'imbriquent. (Hôpital Louis Mourier à Colombes ; Centre socio culturel les Fossés Jean à Colombes ; Rencontres d'Arles 2015 pour Leica Camera ; Rencontres d'Arles 2016 ; Hôpital Bretonneaux à Paris ; Collège Jean Vilar à la Courneuve...)

J'expérimente par là si l'usage de la photographie peut aussi avoir ce rôle d'instants partagés, de micro "performances" participatives. Si l'on peut sortir du cadre entre ce qui est de l'art et ce qui n'en est pas. Si les tentatives osées en ce sens ont une chance, faible soit elle, d' "égratigner" notre attitude de consommateurs de produits culturels et notre attente de divertissement face à tout produit artistique "dérivé". Pourrions-nous faire ré émerger le "sérieux" du jeu et son sens? Le jeu est un facteur vivant et créateur, a écrit Huizinga, il est avant tout une action libre. Indispensable à la communauté pour les liens sociaux qu'il crée, il reste en dehors de l'intérêt matériel direct. Le jeu de l'art permet de dépasser les frontières qui divisent souvent les êtres humains dans les associations ordinaires.
Dans l'esprit du jeu on est loin des appétits de distractions... On joue avec le plus grand sérieux. Je réactualise l'expérience artistique partagée comme domaine de liberté.

Chaque dispositif a son propre espace/temps, qui crée un monde temporaire où le « jeu » se déroule, il se joue jusqu'au bout. L'œuvre existe dans son exécution.

Un des dispositifs : la Boîte et l'autophotographie. Sorte de studio mobile de prises de vues. Photomaton d'un autre genre, conçu comme un espace modulaire, que l'on peut transformer si nécessaire. Un seul module peut cacher une multitude de possibilités par des variations minimes.

Un art sans artiste peut-il encore être un art ? Certains rituels et certaines fêtes populaires étaient-ils des dispositifs d'art populaire collectifs ?
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